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Économie solidaire de l’art publie aujourd’hui une Charte à l’attention de tous les acteurs des arts visuels en France, qui vise à faire valoir une éthique des situations de création et une rémunération pour toute intervention sollicitée auprès des créateurs indépendants.
– Vous pouvez consulter la Charte ici
– Vous pouvez partager ce site, télécharger la Charte (PDF) et la diffuser très largement autour de vous.
– Si vous appliquez les principes de cette Charte, alors vous pouvez télécharger le logo pour le revendiquer sur votre site et dans votre communication. Faites-le nous savoir et nous vous mentionnerons sur la page Lieux signataires de la Charte.

Le Projet Économie Solidaire de l’Art

Au début de l’été 2014, quatre artistes ont créé le groupe de réflexion Économie solidaire de l’art, visant à améliorer la situation économique des artistes plasticiens en France. Aujourd’hui, alors que le groupe initial s’est agrandi (1), la page réunit désormais près de 10000 personnes : artistes, critiques et journalistes, commissaires, responsables d’institutions et d’associations, professionnels de la culture, étudiants d’écoles d’art…

À l’origine et au centre d’une économie de l’art qui donne lieu à une intense activité, les artistes plasticiens et les indépendants du secteur travaillent – paradoxalement – pour la plupart d’entre eux dans une grande précarité. Les logiques d’excellence qui régissent légitimement le monde de l’art ne justifient ni le travail gratuit ou précaire de ses acteurs, ni les écarts croissants entre la production des œuvres et la distribution de la valeur qui en résulte. Contrairement aux réflexions et mouvements menés autour du régime des intermittents du spectacle, les auteurs du secteur des arts visuels n’ont pour leur part jamais ouvert à grande échelle un débat sur les conditions de leur rémunération et de l’exercice de leurs activités. Le projet Économie Solidaire de l’Art vise à discuter et à formaliser des dispositifs permettant d’améliorer significativement cette situation, en impliquant l’ensemble des acteurs concernés, privés et publics.

Il est aujourd’hui possible de dépasser l’individualisme et l’isolement des acteurs du secteur et d’inventer de nouveaux dispositifs solidaires de soutien à la création contemporaine. Le débat est ouvert ; Le groupe Économie Solidaire de l’Art invite le plus largement possible l’ensemble des professionnels de la filière à y participer. Notre projet est disponible sur notre page Facebook et sur notre site. Outre une réflexion sur les logiques de rémunération, il propose notamment la création d’un fonds de soutien, une présence systématique des artistes et des auteurs dans les commissions de bourses et de résidences ainsi qu’un mécanisme de financement du régime des retraites.

Ce projet s’inspire aussi d’exemples existants. Au Canada, la charte CARFAC-RAAV garantit les rémunérations minimales des artistes pour toute intervention depuis 1968. Le label britannique Paying Artists et le projet américain Wage For Work militent dans ce sens. En France, on se réfèrera à l’étude Observation participative et partagée des arts visuels en Pays de la Loire, publiée dans le cadre de la Conférence régionale consultative de la culture en 2013, qui aborde les mêmes problématiques. Les réflexions déjà menées par les organisations telles que le Cipac ou la Fraap pourraient contribuer à ce projet. Enfin (dans des contextes différents), on peut aussi se référer aux logiques de soutien qui ont été mises en œuvre très tôt par le CNC et le CNL, et qui ont contribué de manière décisive au développement économique des filières du cinéma et du livre.

Notes

  1. Fondé par Pierre Beloüin, Carole Douillard, Thierry Fournier et P. Nicolas Ledoux, rejoints ensuite par Grégory Jérôme et Damien Béguet.