Pour toutes celles et ceux qui veulent discuter, s’approprier, soutenir et diffuser le projet Économie Solidaire de l’Art, ce site présente : les principes généraux du projet, comment fonctionne le groupe Facebook, et enfin la Charte éthique et économique que nous proposons à tous les acteurs des arts visuels en France. C’est le moment d’agir : si vous êtes un lieu, un centre d’art, une galerie… qui défend ces principes éthiques de rémunération des artistes, alors faites-le savoir dès maintenant !

Contactez-nous : [contact at economiesolidairedelart point net]. Relayez et partagez la Charte, affichez le logo sur votre site et communication, le site Economie Solidaire de l’Art vous mentionnera également comme signataire. Le principe de ce projet est d’instaurer un cercle vertueux par l’initiative des acteurs eux-mêmes et en bonne intelligence entre les lieux et les créateurs, il est donc crucial de le faire savoir très largement et de multiplier les initiatives.

La Charte Économie Solidaire de l’Art

Économie solidaire de l’art publie une Charte à l’attention de tous les acteurs des arts visuels en France, qui vise à faire valoir une éthique des situations de création et une rémunération pour toute intervention sollicitée auprès des créateurs indépendants.
– Vous pouvez consulter la Charte ici
– Vous pouvez partager ce site, télécharger la Charte (PDF) et la diffuser très largement autour de vous.
– Si vous appliquez les principes de cette Charte, alors vous pouvez télécharger le logo pour le revendiquer sur votre site et dans votre communication. Faites-le nous savoir en nous envoyant un email et nous vous mentionnerons sur la page Lieux signataires de la Charte.

Le projet

Au début de l’été 2014, quatre artistes ont créé le groupe de réflexion Économie solidaire de l’art, visant à améliorer la situation économique des artistes plasticiens en France. Aujourd’hui, alors que le groupe initial s’est agrandi (1), la page réunit désormais près de 12000 personnes : artistes, critiques et journalistes, commissaires, responsables d’institutions et d’associations, professionnels de la culture, étudiants d’écoles d’art…

À l’origine et au centre d’une économie de l’art qui donne lieu à une intense activité, les artistes plasticiens et les indépendants du secteur travaillent – paradoxalement – pour la plupart d’entre eux dans une grande précarité. Les logiques d’excellence qui régissent légitimement le monde de l’art ne justifient ni le travail gratuit ou précaire de ses acteurs, ni les écarts croissants entre la production des œuvres et la distribution de la valeur qui en résulte. Contrairement aux réflexions et mouvements menés autour du régime des intermittents du spectacle, les auteurs du secteur des arts visuels n’ont pour leur part jamais ouvert à grande échelle un débat sur les conditions de leur rémunération et de l’exercice de leurs activités. Le projet Économie Solidaire de l’Art vise à discuter et à formaliser des dispositifs permettant d’améliorer significativement cette situation, en impliquant l’ensemble des acteurs concernés, privés et publics.

Il est aujourd’hui possible de dépasser l’individualisme et l’isolement des acteurs du secteur et d’inventer de nouveaux dispositifs solidaires de soutien à la création contemporaine. Le débat est ouvert ; Le groupe Économie Solidaire de l’Art invite le plus largement possible l’ensemble des professionnels de la filière à y participer. Notre projet est disponible sur notre page Facebook et sur notre site. Outre une réflexion sur les logiques de rémunération, il propose notamment la création d’un fonds de soutien, une présence systématique des artistes et des auteurs dans les commissions de bourses et de résidences ainsi qu’un mécanisme de financement du régime des retraites.

Ce projet s’inspire aussi d’exemples existants. Au Canada, la charte CARFAC-RAAV garantit les rémunérations minimales des artistes pour toute intervention depuis 1968. Le label britannique Paying Artists et le projet américain Wage For Work militent dans ce sens. En France, on se réfèrera à l’étude Observation participative et partagée des arts visuels en Pays de la Loire, publiée dans le cadre de la Conférence régionale consultative de la culture en 2013, qui aborde les mêmes problématiques. Les réflexions déjà menées par les organisations telles que le Cipac ou la Fraap pourraient contribuer à ce projet. Enfin (dans des contextes différents), on peut aussi se référer aux logiques de soutien qui ont été mises en œuvre très tôt par le CNC et le CNL, et qui ont contribué de manière décisive au développement économique des filières du cinéma et du livre.

Un projet en plusieurs volets

1. Depuis 2016, une Charte a été créée par le groupe Économie Solidaire de l’Art, à l’attention de tous les acteurs des arts visuels en France, visant à faire valoir une éthique des situations de création et une rémunération pour toute intervention sollicitée auprès des créateurs indépendants.

A terme, nous visons également à :

2. Instaurer un pourcentage pour l’artiste à chaque vente et revente en galeries, ainsi qu’une majoration du pourcentage de droit de suite pour les artistes vivants.

3. Instaurer une représentation des artistes dans toutes les commissions de bourse, à parts égales avec les financeurs et des professionnels de l’art (critiques, galeristes, curateurs) lorsque ce n’est pas déjà le cas.

4. Créer d’un fonds de soutien. Un pourcentage obligatoire, réduit mais constant, de toutes les opérations et productions artistiques en France serait consacré au développement de l’art contemporain : productions, ateliers d’artistes, soutien des artistes et professionnels les plus précaires, renforcement des retraites.
On entend par opérations : les créations, productions, ventes privées en galeries et salles de ventes, foires, productions, billetteries, musées, vente d’images, reproduction d’œuvres auprès des banques d’images privées et publiques, etc.
Le revenu des artistes eux-mêmes y contribuerait, dans l’esprit d’un dispositif de solidarité.
 On considèrerait que seraient éligibles à ce dispositif tous ceux qui ont la création artistique pour activité principale (affiliés et assujettis à la Maison des artistes Sécurité sociale et à l’Agessa) et qui ne sont pas salariés, ainsi que les artistes enseignants, préférentiellement s’ils sont vacataires.

La conception économique d’un tel dispositif devrait intégrer une notion de variabilité qui permettrait une mise en application progressive. Le volet « fonds de solidarité » accompagnerait les artistes et professionnels indépendants dont le ratio revenus / charges serait inférieur à un certain seuil, l’aide étant dégressive. Elle serait proportionnelle aux recettes du fonds, sans minimum garanti, afin que le dispositif ne soit jamais déficitaire. Ces revenus seraient imposables.
 Un pourcentage serait attribué à la caisse de retraite complémentaire afin de revaloriser le point.

Sa mise en œuvre nécessiterait la création d’une instance professionnelle représentative (ou son adossement à une structure existante), chargée de diffuser, convaincre et négocier auprès des différents acteurs privés et publics de l’économie de l’art en France. L’incitation à participer au fonds de soutien pourrait éventuellement s’effectuer par le biais d’une défiscalisation et d’une fondation, exactement comme le mécénat.

Méthodes et perspectives

Nous participons régulièrement à de nombreuses rencontres publiques permettant de donner la parole aux acteurs concernés et/ou spécialistes de ces questions (artistes, structures, associations, économistes, chercheurs, journalistes, etc.) et de discuter de ces questions.

Chaque personne, lieu, centre d’art, galerie… qui défend ces principes éthiques de rémunération des artistes, peut le diffuser et le faire savoir dès maintenant ! Contactez-nous : contact@economiesolidairedelart.net. Relayez et partagez la Charte, affichez ce logo sur votre site et communication, le site Economie Solidaire de l’Art vous mentionnera également comme signataire.

Encore une fois, le principe de ce projet est d’instaurer un cercle vertueux par l’initiative des acteurs eux-mêmes et en bonne intelligence entre les lieux et les créateurs, il est donc crucial de le faire savoir très largement.

Notes

  1. Fondé par Pierre Beloüin, Carole Douillard, Thierry Fournier et P. Nicolas Ledoux, rejoints ensuite par Grégory Jérôme et Damien Béguet.